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Montfort Vivant

St. Louis-Marie > Sa vie

21° St Louis-Marie toujours vivant

En 1925, la chambre d'où, le 28 avril 1716, le «bon Père de Montfort» s'en allait au paradis, est transformée en oratoire. Dans un éloquent raccourci, tout y parle de lui. L'effigie du missionnaire mourant repose dans une châsse de verre, symbole de l'arche de Noé... l'arche du Salut... Marie... la colombe de l'Esprit Saint apportant au monde le rameau de la paix.
Deux inscriptions en grandes lettres sur la poutre maîtresse du plafond et sur le mur, derrière l'arche :
«C'est dans l'arche de Marie qu'il a navigué toute sa vie» pour obtenir la Sagesse, Jésus-Christ, son unique maître...
«Par Marie, il a cherché la Sagesse»... Dieu seul ! et rien de plus...
N'est-ce pas son idéal de baptême :
«J'aime Jésus et Marie et rien plus» (C.92,33)
Et lui ? Son regard fixe le ciel et semble quêter encore la Sagesse...
Dans sa main droite, son compagnon de route, le crucifix béni par le Pape Clément XI. Le compagnon qu'il aime et que tous doivent aimer.
Il presse sur ses lèvres la petite statuette de Marie, sa bonne Mère. Il en a sculpté lui-même l'original. Marie ne l'a jamais quitté ; elle a sculpté dans son coeur l'image de son Fils.
Au cou, aux poignets, aux chevilles, les chaînettes de la liberté acquise par le don total, irrévocable de son être à Jésus-Sagesse par Marie.

Debout au sommet de l'arche, Marie tend la couronne de gloire à l'humble missionnaire : «mets-la lui bien vite», semble lui dire l'enfant porté dans ses bras (interprétation d'un petit garçon visitant l'Oratoire) :
« Viens, fidèle et bon serviteur ; entre dans la joie de ton Seigneur !».

La tâche de Louis-Marie est-elle achevée quand il répond à cet appel ? Non... si les grandes dates de sa vie : 1673 - 1700 -1706 -1716, si les blasons de Clément XI et de Mgr de Champflour inscrits sur les vitraux figent le passé des étapes parcourues, lui, le P. de Montfort demeure vivant... car le feu de son cœur s'est allumé, purifié, attisé au buisson ardent du cœur de Dieu, amour inextinguible.

Dernier détail : l'épitaphe gravée sur le marbre de son tombeau en 1717 :

«Que vois-tu, passant ?
une lumière cachée,
un homme consumé du feu de la charité...
Si tu demandes quelle fut sa vie ?
Nulle ne fut plus intègre.
Quelle fut sa dévotion à Marie ?
Nulle ne ressemble plus à St Bernard.
Prêtre du Christ, il reproduit le Christ par ses mœurs.
Partout, il enseigne par ses paroles.
Infatigable, il ne se reposa que dans son cercueil.
Père des pauvres,
protecteur des orphelins,
réconciliation des pécheurs,
sa mort glorieuse fut semblable à sa vie.
Comme il vécut, il mourut.
Mûr pour le ciel, il s'envola vers Dieu
le 28 avril de l'an de grâce 1716.
Il décéda à l'âge de 44 ans».
Le profil spirituel de l'apôtre de la Sagesse incarnée est là, tracé par une main amie et fidèle. Depuis bientôt 3 siècles, le P. de Montfort, toujours vivant, continue sa mission :
par la confiance en son intercession, par ses écrits, par ses disciples.
Le P. de Montfort, toujours vivant par son intercession
«Courage», avait dit le P. de Montfort à son successeur ; «Courage, au ciel je prierai pour vous». Depuis, son intercession n'a pas cessé.

1716

Dès 1716, son tombeau devient un lieu de pèlerinage. «Je le crois un grand saint devant Dieu», avait écrit Mgr de Champflour... «Qu'on ne s'étonne pas si, de 20 ou 30 lieues à la ronde, on vient s'agenouiller, supplier, remercier...». L'ardente prière du P. de Montfort : «Ô Sagesse, venez, le pauvre vous en prie» revêt mille et mille formes dans le cœur et sur les lèvres des pèlerins. Il leur a tellement dit que la Sagesse est source de tout bien : santé, travail, paix, foi, consolation, espérance, conversion, bonheur, union... Les prières sont exaucées, des guérisons sont obtenues... Son ami Blain en a fait lui-même l'expérience. «Marie Devaud, percluse des 2 jambes, en retrouve l'usage après une neuvaine, sitôt la mort du missionnaire», témoigne F. Triault, prêtre... et combien d'autres !... Sr Marie-Louise de Jésus écrit à la Supérieure d'une Sœur malade : «je vais faire pour elle une neuvaine au tombeau de Mr de Montfort» (Lettre n°21). Démunis et fortunés, enfants, adultes et vieillards, laïcs, religieux et religieuses... tous ont confiance en l'efficace intercession du bon Père de Montfort.

1717

En 1717, lorsqu'une 1ère exhumation est faite «pour lui donner une sépulture conforme à sa renommée de sainteté», il fut bien difficile d'empêcher des personnes de dérober des «morceaux de sa soutane, de son aube et de couper des esquisses de son cercueil» (Bes À partir de 1720-1722, l'ardente supplication des Filles de la Sagesse et des Pères et Frères de la Compagnie de Marie s'ajoute à la prière des fidèles. Dès 1720, Mr Mulot, après avoir prêché une retraite aux Filles de la Sagesse, reste quelques jours auprès du tombeau de son saint maître pour y puiser de plus en plus son esprit.
Le marquis de Magnannes vient aussi demander son secours. Le P. de Montfort n'avait-il pas prédit que ce serait un laïc qui contribuerait à donner sa consistance aux Missionnaires du Saint Esprit ? Que pouvait-il refuser à ce héros de détachement, humble serviteur de la charité ? Entre leurs nombreuses missions - n'en ont-ils pas prêché plus de 400 avant 1790 ? - ses disciples viennent se reposer près de lui, se replonger dans la prière et dans l'étude. Tous, religieux et laïcs obtiennent les grâces dont ils auront tant besoin dans un proche avenir...

1791

La tempête commence... 1793-1794 : calvaires abattus, villages et églises brûlés... innocents massacrés... Les tombeaux du P. de Montfort, de Marie-Louise de Jésus et du marquis de Magnannes, côte-à-côte devant l'autel de Marie dans la vieille église, sont providentiellement épargnés... La foi du peuple résiste aux assauts de la violence et de la mort, la prière soutient la fidélité courageuse des prêtres «réfractaires»... et le chapelet, tant recommandé par le P. de Montfort, est la force des combattants et des familles traqués dans leurs refuges...

19e et 20e siècles

Qui connaîtra la somme de grâces alors obtenues avec l'accroissement en flèche des congrégations, leur extension dans le monde, la béatification et la canonisation de leur Père, les 22 janvier 1888 et 20 juillet 1947... Un souffle puissant du Saint Esprit attire les foules, multiplie les pèlerinages. Oui, Mgr Laveille pourra écrire en 1916 dans sa biographie du P. de Montfort : «Dieu lui a accordé une merveilleuse survivance».

Il suffit de regarder les ex-voto, de feuilleter le cahier des intentions déposé sur le tombeau pour en vérifier la véracité : Anglais, Français, Néerlandais, Espagnols, Italiens, Allemands, Flamands, Congolais, Malgaches, Haïtiens, Malawites... expriment leurs requêtes personnelles, collectives, familiales, nationales, matérielles et spirituelles, redisant au père des pauvres, des orphelins et des pécheurs :

«St Louis-Marie de Montfort, priez, priez pour nous».

Près de son tombeau, celui de Marie-Louise de Jésus, sa 1ère élève à l'école de la Sagesse, proclamée Bienheureuse le 16 mai 1993. Ne fut-il pas, près d'elle, le «répétiteur» des leçons de l'Esprit Saint, unique Maître de sainteté ? La tendresse maternelle de la 1ère Fille de la Sagesse accueille aussi la prière et la confiance... et demeure bien vivante.

(à suivre)
Sr Jean-Marie de la Sagesse, f.d.l.s.
Le règne de Jésus par Marie, 96 (1995), n° 5, 25-27.


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