FOLLOW
Aller au contenu

N-D des Ardilliers

St. Louis-Marie > Sa vie

18° St Louis-Marie pèlerin à N-D des Ardilliers

St Louis-Marie Grignion de Montfort est l'homme des pèlerinages et ses courses missionnaires s'interrompent au rythme des haltes mariales. Aujourd'hui, aux portes de Saumur, nos pas s'arrêtent avec les siens au Sanctuaire N-D de Pitié des Ardilliers.

Un peu d'histoire

L'origine du Sanctuaire des Ardilliers a la fraîcheur provoquant d'une parabole : «Un homme, en bêchant son champ, trouva une statue de la Vierge...». C'était en 1434 : la parabole devient histoire. Le paysan emporte chez lui sa précieuse découverte mais grande est sa surprise quand, le lendemain matin, il voit que la statue est retournée là où il l'a prise. Le même fait se reproduit la nuit suivante... Pourtant, cette fois-ci le paysan a mis la statue sous clef... La Vierge Marie serait-elle malicieuse ? Dédaigne-t-elle notre hospitalité ? Pourquoi rester dans le champ qui l'a cachée sinon pour mieux nous dire qu'elle est la perle précieuse de l'Évangile qu'on ne peut acquérir qu'en vendant tout bien ?

Finalement, on place la mystérieuse statue sur un arceau de pierre qui protège la fontaine. Le peuple chrétien ne tarde pas à venir vénérer cette Pietà, ému de voir la Vierge présentant son Fils mort... La foi simple des gens ne sera pas déçue : la statue devient miraculeuse... On construit ensuite une chapelle qui, à plusieurs reprises, va être transformée et embellie. Les plus grands personnages du royaume viennent ici en pèlerinage (citons simplement le roi Louis XIII, la reine, et Mr Olier, fondateur du Séminaire St Sulpice où a étudié le P. de Montfort). C'est dans cette chapelle qu'en 1697 Jeanne Trichet, la sœur aînée de la bienheureuse Marie-Louise de Jésus, est guérie d'une paralysie pendant la célébration de l'eucharistie. Pour la première fois, N-D des Ardilliers touche l'histoire de la Famille montfortaine.

Premiers pèlerinages

Il est probable que le premier pèlerinage de St Louis-Marie aux Ardilliers se situe au début de l'automne 1700. Le P. de Montfort quitte Paris pour Nantes où il doit rejoindre la communauté «St Clément», son premier «poste missionnaire». Il est accompagné par l'évêque Supérieur de cette communauté. Les 2 hommes font une bonne partie du voyage sur la Loire. Il serait fort étonnant qu'ils ne se soient pas arrêtés au Sanctuaire de la Vierge alors qu'ils passaient à ses pieds... Plus probable est la 2ème halte du P. de Montfort : il est invité par Mme de Montespan à l'occasion de la prise d'habit de sa sœur Sylvie dans la célèbre abbaye de Fontevrault (fin avril 1701). Comment le P. de Montfort ne se serait-il pas arrêté à Saumur qui est sur sa route ?
Par une de ses lettres, nous apprenons qu'il vient à Saumur pour une neuvaine avant de rejoindre Poitiers où l'attendent les pauvres de l'hôpital. Nous sommes en octobre 1701. Le P. de Montfort, avec une simplicité évangélique, écrit à son directeur spirituel : «Monsieur l'évêque, m'ayant par un surcroît de bienfaits donné quelque argent pour faire mon voyage à Poitiers, je le donnai tout aux pauvres avant de sortir de Saumur où je fis une neuvaine». C'est dans une «prière mariale» que le P. de Montfort prépare son nouvel apostolat. C'est en abandonnant l'argent reçu des sécurités humaines qu'il s'en va «porter la Bonne Nouvelle aux pauvres».

La rencontre de 2 saints

En septembre 1706, à son retour de pèlerinage à Rome, le P. de Montfort, accompagné par le Fr. Mathurin, passe à Fontevrault afin de saluer sa sœur mais les religieuses, sans doute effarouchées par ce vagabond à l'allure si peu «ecclésiastique», ne veulent pas le recevoir «pour l'amour de Dieu»... Il continue son chemin et trouve refuge près de N-D de Pitié. Il va faire en ce lieu une rencontre singulière. En effet, les Ardilliers sont depuis quelque temps le berceau d'une congrégation toute dédiée aux pauvres : les Sœurs de Ste Anne de la Providence. La fondatrice, Ste Jeanne de la Noue, se demande si elle est conduite par le St Esprit car certains mettent en doute son mode de vie
jugé excessif. Elle décide de s'en remettre au jeune prêtre revenant de Rome. Son «sens de l'absolu», son souci des pauvres et son abandon à la Providence ont de quoi séduire le P. de Montfort.
Pourtant, à la première entrevue il la renvoie au doute. Il la confirmera dans ses voies et intuitions le lendemain matin après avoir célébré l'eucharistie à l'église, sur l'autel «appartenant» à Mme de Montespan (il est aujourd'hui dédié à Ste Jeanne de la Noue). Le P. de Montfort comme la sainte fondatrice ont trouvé près de Notre-Dame la lumière et la force de continuer leur chemin. Notre pèlerin poursuit sa route, accompagné par le Fr. Mathurin, pour un autre pèlerinage : le Mont St Michel. Il y demande avec insistance la sagesse : le don de la Parole et le don de toucher les cœurs...

L'ultime pèlerinage

C'est par un ultime pèlerinage à N-D des Ardilliers que le P. de Montfort va terminer sa course missionnaire, là où, en quelque sorte, il l'a commencée. En effet, il retourne à Saumur en mars 1716 avant de prêcher la dernière mission qu'il donnera à St Laurent S/Sèvre. Un pèlerinage en guise de testament missionnaire. Un pèlerinage comme une grande supplique à Notre-Dame. Le P. de Montfort s'y fait précéder par les «33 pénitents de St Pompain». Il choisit pour accompagner ces fervents laïques les 2 prêtres qui vont continuer après lui l'œuvre des missions : les Pères René Mulot et Adrien Vatel.
Le but de ce «saint pèlerinage» est la prière pour les vocations missionnaires. Au début du règlement écrit par le P. de Montfort, nous pouvons lire : «Vous n'aurez d'autre vue en ce pèlerinage, que d'obtenir de Dieu par l'intercession de la Sainte Vierge, de bons missionnaires qui marchent sur les traces des apôtres par un entier abandon à la Providence... 2. le don de la sagesse pour connaître, goûter et pratiquer la vérité et la faire goûter et pratiquer aux autres».

L'héritage

Comme au temps du P. de Montfort, le pèlerin d'aujourd'hui peut admirer la fière allure de l'église N-D des Ardilliers. Le champ où fut découverte la statue a disparu depuis longtemps sous la magnificence de cet édifice majestueux, mais chaque pèlerin est invité à découvrir en lui la présence maternelle de la Vierge Marie. Le va-et-vient des jeunes de l'école technique a pris la place des Pères Oratoriens qui gardaient autrefois le Sanctuaire, mais dans le sourire de leur accueil et dans la persévérance de leur prière, les Sœurs de Ste Jeanne de la Noue nous rappellent qu'en ce lieu coule la source de la sainteté à la fois limpide et austère, comme leur fondatrice. Encore aujourd'hui, les «fils et filles» du P. de Montfort mettent leurs pas à la suite des siens et de ceux des 33 pénitents. À pied, ils reprennent à leur manière le «saint pèlerinage» qui, de St Pompain, les conduit à Saumur. Peut-être les croiserez-vous cet été ? N'hésitez pas à vous joindre à leur prière pour demander à Dieu la Sagesse du Christ et les missionnaires dont l'Eglise a besoin I

P. Olivier Maire, montfortain
Le règne de Jésus par Marie, 96 (1995), n° 2, 24-25.


Retourner au contenu