Points Clés - FRATERNITÉ MARIALE MONTFORTAINE

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Points Clés

St. Louis-Marie
 
 

Points clés de la spiritualité montfortaine (1)


Arnold SUHARDI SMM



St. Louis-Marie de Montfort est un missionnaire prédicateur populaire, répondant à des besoins précis de l’Eglise de son temps. Il a refusé d’être un théologien enseignant-professionnel. Pourtant, sa doctrine présente une remarquable valeur théologique, à tel point que le Pape Jean-Paul II a défini St. Louis-Marie : un « théologien de classe » (Ma vocation. Don et mystère, 1996, p. 38). Voici quelques thèmes principaux de sa doctrine spirituelle, sachant que dans le « mouvement descendant » on contemple le mystère du Christ dans l’économie du salut, dans le « mouvement ascendant » on contemple le mystère de l’Eglise dans son chemin de sainteté.

« Mouvement descendant »

Dieu seul. Dans les divers endroits de ses écrits, et surtout à la fin de la pluspart de ses Cantiques, le Père de Montfort écrit sa très célèbre devise : Dieu Seul. Bien sûr, cela fait référence au « Père dans les cieux qui est immanquable » (L 2). Dieu Seul est l’expression d’une expérience filiale très profonde dans laquelle il remet toute sa vie à la providence miséricordieuse du Père céleste dans une totale dépendance. C’est aussi une déclaration solennelle du but de toute sa vie et ses œuvres missionnaires : seulement pour la plus grande gloire de Dieu.

L’homme. L’homme est créé à l’image de Dieu, pour être un « abrégé de ses merveilles, son petit et son grand monde, son image vivante » (ASE 35). Mais l’homme a permis au péché d’entrer dans son existence. C’est la cause de sa chute : « voilà l'homme qui pèche, et qui, en péchant, perd sa sagesse, son innocence, sa beauté, son immortalité. Et enfin il perd tous les biens qu'il avait reçus, et est asailli d'une infinité de maux » (ASE 39). Donc, la vision de Montfort sur l’homme est réaliste : malgré sa grandeur, il porte en soi une faiblesse ontologique.

L’incarnation. Pour le Père de Montfort, Jésus-Christ est la Sagesse éternelle qui a tout créé (ASE 32). A la plénitude des temps, il s’est fait homme : « par l’excès de l’amour qu’elle lui portait, [la Sagesse] s’est rendue semblable à lui en se faisant homme, et s’est livrée à la mort pour le sauver » (ASE 64). Pour Montfort, l’amour est la victoire et la gloire du Verbe de Dieu. En lien avec son temps, on doit admettre que Montfort a peu parlé de la Résurrection du Christ. Parce que, pour lui, l’incarnation est dèjà le triomphe de l'amour sur le péché et la haine ; la victoire de la vie sur la mort (ASE 104-132 ; VD 157). Dans le contexte de l’école de spiritualité de Pierre de Bérulle, à laquelle Montfort appartenait, l’incarnation du Verbe est le mystère central duquel découlent tous les autres mystères de l’histoire du salut, y compris la Résurrection, ceux de la vie de Jésus-Christ et ceux qui constituent la réalité de l’Eglise (VD 248).

La passion et la croix. Jésus-Sagesse révèle encore son grand amour à travers sa passion et sa croix (ASE 154-180) « pour nous témoigner son amour » (ASE 154). C’est pour cela que la croix, chez le Père de Montfort, est une croix glorieuse et victorieuse (LAC) : « le triomphe de la Sagesse éternelle se trouve dans la croix et par la croix » (cfr. ASE Ch. XIV).

L’Esprit Saint. Le Père de Montfort appelle l’Esprit Saint « Amour substantiel du Père et du Fils » (VD 36) ou « Père de la Lumière » (Cantiques 141). L’Esprit Saint est surtout connu par ses oeuves dans le mystère du Christ et de l’Eglise : il a travaillé avec Marie dans l'incarnation du Verbe, chef de l'Eglise, il collabore aussi avec Marie dans la « croissance » de sainteté de l’Eglise, Corps mystique du Christ (PE 15, etc.).

La Vierge Marie. Marie est « relative » à Dieu, à savoir, elle est toujours en relation avec Dieu Trinitaire. Elle n’est pas une personne isolée ou indépendante de Dieu. Montfort l’appelle « relation » de Dieu (VD 225). Puis, Montfort regarde Marie comme transparence personnelle du Saint Esprit et l'icône qui le transmet (VD 258). C’est pour cela que Dieu prend plaisir à la choisir pour réaliser son plan de salut.

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Points clés de la spiritualité montfortaine (2)


Arnold SUHARDI SMM



« Mouvement ascendant »

Baptême - acquérir Jésus-Sagesse - sainteté. La révélation de Dieu en Jésus, Sagesse incarnée et crucifiée, exige notre réponse librement donnée. Le baptême, comme sacrement de la foi, est le point de départ de la plénitude de notre réponse à l’appel de Dieu vers le vrai bonheur qui se trouve en Jésus-Sagesse (ASE Ch. XV-XVII). Celui-ci est la fin vers laquelle nous devons tendre et on ne peut avoir d'autre but dans son existence (VD 60-61). Acquérir Jésus-Sagesse est identique à la sainteté de vie : « la volonté de Dieu sur vous est que vous deveniez saints comme lui dans cette vie, et glorieux comme lui dans l'autre. L'acquisition de la sainteté de Dieu est votre vocation assurée » (cfr. SM 3).

La croix : c’est la condition indispensable de la «sequela» (LAC, ASE Ch. XIV) : « si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive » (Matthieu 16, 24). La croix est le « secret » pour arriver à la véritable conformité au Christ (ASE 173).

L’Esprit Saint. Il continue à travailler dans l'Eglise. C’est l’Esprit Saint qui guide chaque chrétien à la parfaite consécration à Jésus-Christ par le mains de Marie (VD 119, 257 cfr. SM 70) : « heureuse et mille fois heureuse est l'âme ici-bas, à qui le Saint-Esprit révèle le secret de Marie pour le connaître » (SM 20). En, par et avec Marie, l’Esprit Saint forme les membres du Corps mystique du Christ, pour devenir les « apôtres véritables des derniers temps » (VD 58, cfr. VD 49-59), qui seront avec Marie dans la lutte contre le pouvoir du mal (VD 51-54) « pour étendre l’empire du Très-Haut » (cfr. VD 59) sur celui des méchants.

La place et le rôle de la Vierge Marie. La connaissance de Marie et la dévotion nécessaire envers elle est un facteur dérivé de la connaissance et de la foi en Jésus-Christ, le Sauveur (VD 12, cfr. 49). La référence mariale est présentée comme « le plus grand des moyens et le plus merveilleux de tous les secrets pour acquérir et conserver la divine Sagesse » (ASE 203), parce qu'elle fut le moyen choisi par Dieu pour l’incarnation de son Fils divin. Dans l’Esprit Saint, Marie nous conduit à son Fils, pour nous unir parfaitement avec lui.

La parfaite consécration à Jésus-Christ. Le Père de Montfort présente la consécration (VD 120-273) comme « un chemin aisé, court, parfait et assuré pour arriver à l’union avec Notre-Seigneur, où consiste la perfection du chrétien » (VD 152). Pour cela, on doit vivre toutes ses pratiques intérieures qui sont « très sanctifiantes » et ses pratiques dans la Sainte Communion. Il y a aussi des pratiques extérieures. La consécration est identique à une vie baptismale authentique (VD 220, 126) pour croître, jour après jour, jusqu’à « la plénitude de l’âge de Jésus-Christ sur la terre et de sa gloire dans les cieux » (cfr. ASE 227), en dépendance totale de Marie dans l’Esprit Saint.

L’apostolat comme témoignage de la maturité de la foi. Le Père de Montfort affirme que Jésus-Sagesse donne à l’âme qui le possède « la lumière et l’onction nécessaire pour inspirer aux autres l’amour de la Sagesse, pour les conduire à la vie éternelle » (ASE 30). Les apôtres « des derniers temps » (VD 58) sont éduqués et formés par Marie pour grandir en sainteté et pour établir le Règne de Jésus-Christ, à la gloire de Dieu seul.

Enfin, la spiritualité montfortaine pourrait être résumée dans la formule : « à Dieu seul, par la Jésus-Sagesse, dans l'Esprit Saint, en communion avec Marie, pour sa plus grande gloire dans le temps et dans l’éternité ».
« Gloire à Jésus en Marie ! Gloire à Marie en Jésus ! Gloire à Dieu seul ! » (VD 265).


Abréviations des écrits du Père de Montfort:
ASE  - L’Amour de la Sagesse éternelle.
SM  - Le Secret de Marie.
VD - Traité de la Vraie Dévotion à la Sainte Vierge.
PE  - Prière embrasée, « Memento ».
L - Lettres.


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